Les contes de Joujou – Mesures de guerre – 21 jours en octobre – L’orignal qui avait la frousse – Les cauchemars de Léonard

Publié le : 9 novembre 2015
25-octobre70

Les contes de Joujou – Le vent de l’amitié de Joujou Turenne (Planète rebelle)

La conteuse a l’habitude de s’adresser aux enfants ayant, par le passé, joué dans Passe-partout. Dès le départ, elle fait son entrée de façon musicale se présentant et nous invitant à la suivre au fil des mots. De nombreux éléments font apprécier cet ouvrage, d’une part les excellents bruitages à la bouche vous feront sourire à coup sûr. Sont aussi présentes des valeurs qu’il est important de transmettre au coeur des histoires orales: amour, amitié, entraide, courage. Tout cela est appuyé par les belles aquarelles de Karen Hibbard à la fois précises et suréalistes.

Le premier conte a ma préférence car je n’avais pas souvent entendu le point de vue des aliments avant qu’ils ne passent à la casserole. Quel plaisir de plonger ses oreilles dans un univers imaginaire où même les haricots rouges ont la parole. De plus, les histoires sont dotées d’une musique entraînante qui donnera envie aux petits de se trémousser tout au long de l’écoute. De nombreux passages semblables à des refrains sont facilement assimilables par les enfants qui pourront ainsi ajouter leurs grains de voix aux contes. Un beau final également avec un chant créole interprété par Joujou Turenne.

Mesures de guerre d’André Marois (Boréal Junior)

Nous rentrons avec plaisir dans le monde de Gabriel, jeune garçon de 10 ans, dont les occupations préférées sont les Canadiens et les jeux de guerre dans les ruelles de Montréal. Mais quand des camions remplis de soldats armés passent devant son école, la réalité dépasse ses aventures imaginaires. En effet, la Loi sur les mesures de guerre, dont tout le monde parle autour de lui, a des conséquences très impressionnantes, car même le père de son meilleur ami s’est fait arrêter.

En jouant avec d’autres enfants près de chez lui, il découvre une jeune femme séquestrée dans un appartement. Mais à l’heure où les arrestations se multiplient, les policiers ne semblent plus être les interlocuteurs à privilégier. A qui Gabriel peut-il raconter la vérité? Doit-il sauver la prisonnière par lui-même comme son imagination fertile lui suggère? Il va devoir faire preuve de beaucoup de courage et d’esprit pour pouvoir résoudre cette intrigue. André Marois, nous offre la vision édifiante d’un enfant sur la crise d’octobre 1070. Certes Gabriel est dépassé par ce qui arrive mais il en reste néanmoins le témoin comme ce fut le cas de cette génération. Ce livre permettra à de jeunes lecteurs de se faire une idée sur les évènements survenus au Québec durant cette année dramatiquement célèbre. Dès 9 ans.

21 jours en octobre de Magali Favre (Boréal Inter)

Comme on a pu le constater, ce mois d’octobre 2010 est hautement symbolique car 40 ans après la crise d’octobre de 1970, de nombreux articles, livres et émissions portent sur ces évènements dramatiques. La maison d’édition Boréal nous propose pour les adolescents, le roman 21 jours en octobre de Magali Favre. Le personnage principal, Gaétan, âgé d’à peine 16 ans, découvre la même semaine le travail à l’usine, les activités syndicales et l’arbitraire policier. L’auteure nous explique non seulement les évènements de cette année 1970 mais également le contexte social. Gaétan vient d’un milieu très populaire et dresse le portrait d’une société ouvrière canadienne française en grande difficulté entre le chômage et la démolition de leur quartier. Gaétan découvre la souffrance que c’est, pour beaucoup, de devoir passer toute leur vie à travailler en anglais.

La magie de la fiction lui permet de nombreuses rencontres avec des personnalités tels Gaston Miron et Michel Garneau. La complexité de la crise d’octobre entre le Front de libération du Québec (FLQ), Québécois modérés, gouvernement fédéraliste et Loi sur les mesures de guerre, est très bien rendu car même Gaétan hésite sur l’opinion à avoir. Profondément heurté par les violences du FLQ, il se rebelle également contre l’arrestation sommaire de son ami. Il essaye de lire les journaux pour la première fois de sa vie pour essayer de mieux comprendre ce qui se passe au milieu de cette cohue politique. Le devoir de mémoire sur ces événements qui ont beaucoup influencé le Québec actuel est d’une grande importance. Ce roman très bien écrit et documenté est un excellent tremplin historique pour des adolescents curieux de leur passé.

L’orignal qui avait la frousse de Nicholas Oldland (Scholastic)

Nous avions eu le bonheur de rencontrer l’humour et les dessins colorés de Nicholas Oldland avec le livreL’ours qui aimait les arbres. C’était l’histoire d’un ours (on s’en serait douté, n’est-ce-pas ?) qui a tellement d’amour en lui qu’il fait des câlins à tous les êtres qu’il rencontre. Cette fois l’album s’intituleL’orignal qui avait la frousse, il s’agit comme vous vous en doutez bien sûr de l’histoire d’un orignal… qui prend rarement part aux jeux de ses amis, l’ours et le castor, car il trouve cela trop dangereux. En effet, sauter dans les flaques ça mouille! Faire du ski, ça refroidit! Il trouve toujours un argument pour expliquer pourquoi il ne fait rien. Mais voilà, à force de ne rien faire, on finit par s’ennuyer.

Son enquête sur son état est vraiment hilarante entre recherche sur Internet et dans la boule de cristal. Au final, il décide de partir faire un tour en bateau à voile pour braver toutes ses peurs. Mais, une tempête arrive et il se retrouve échoué dans une île où il faudra qu’il ose bien des choses pour survivre. Il s’y fera même une amie, la tortue Mardi, qui n’est pas sans faire un clin d’oeil à un certain Vendredi. Je m’arrête là pour ne pas vous dévoiler la fin mais sachez que cet album est un pur moment de bonheur. Il permet d’aborder la question des peurs enfantines et de ses fondements. Un bon exemple qui donne envie de se dépasser. Pour les tout-petits dès 3 ans.

Les cauchemars de Léonard de Marie Josée Bergeron (Dominique et compagnie)

Léonard est un petit garçon qui a bien de la chance, ce soir c’est Marine, sa gardienne préférée qui vient pendant que ces parents sortent. Avec elle, il joue aux cartes et puis surtout il peut lui parler de tout et poser plein de questions. Ce soir, il aborde un sujet angoissant, ses cauchemars dont il a si honte. Il voudrait être grand et ne plus en avoir peur. Marine lui explique que rien ne peut arriver dans ses rêves car rien de tout ce qu’il imagine n’est réel et puis peut-être qu’avec un brin de volonté, il pourrait transformer ses cauchemars en des rêves magiques.

La collection «Une histoire sur…» chez Dominique et Compagnie est vraiment intéressante car à la fin il y a toujours une explication du phénomène. Ici donc, nous retrouvons de l’information sur le pourquoi des cauchemars, sur l’âge où ils sont plus fréquents, sur la phase de sommeil où l’enfant rêve le plus et surtout sur la normalité de ces mauvais rêves. À l’explication scientifique, si l’on peut dire, s’ajoute des conseils pour les parents et les éducateurs. Il s’agit vraiment d’un album à double usage avec l’histoire pour l’enfant et les conseils pour l’adulte. Pour les enfants de 4 à 8 ans.

Chronique précédente | Chronique suivante