L’enfant – Encore une fois – Le coup de la girafe

Publié le : 9 novembre 2015
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L’enfant de Colas Gutman et illustré par Delphine Perret(École des loisirs)

Léonard doit encore subir un séjour à la campagne avec ses parents. Or, il déteste ça. «À la campagne, je ne peux rien faire à part: admirer. C’est pareil que s’ennuyer mais avec les yeux grand ouverts». Pourtant, cette fois sera différent et inoubliable car on va lui demander à quoi peut servir un enfant.

C’est la question que lui posent une poule, un mouton et une vache alors qu’il se promène dans un sentier («Un petit sentier est une rue sans magasin avec de l’herbe au milieu, des cailloux qui tordent les chevilles et des orties qui piquent sur les côtés.»).

Lui qui s’imaginait que la campagne était ennuyeuse à mourir, il se retrouve à discuter philosophie avec des animaux de ferme. Cette question d’allure anodine va lui faire chauffer le cerveau et il aura un peu peur de sa réponse : «Un enfant, ça sert à devenir quelqu’un plus tard!». Avec un humour imparable, l’auteur nous touche par la pertinence et la simplicité de son texte. Prix Sorcières 2012.

Encore une fois d’Emily Gravett (École des loisirs)

Encore une fois vous apprendra comment un jeune dragon vient à bout de ses parents. Sûrement pas de la même façon qu’un jeune enfant, imaginons-nous. Et pourtant, il se pourrait bien qu’on ait tort à ce sujet. Dans ce drôle d’album, le petit animal est un féru de littérature et il réclame une histoire sans trêve ni repos.

Pas question d’aller se coucher alors que l’on peut écouter de nouveau la même histoire. Ce qui n’est pas du goût du lecteur qui coupe et modifie l’histoire au fil des lectures et qui finit même, comble de l’improbable, par s’endormir en premier alors que le but était de coucher ce petit dragon hyperactif. Ce dernier, énervé, va, de colère, souffler des flammes ce qui ne laissera pas notre livre indemne.

Le design de l’album laisse place à l’imagination des tout-petits qui pourront à leur tour réclamer «encore une fois! Encore!». L’auteur nous dévoile la dure responsabilité du parent lecteur du soir qui ne doit jamais faillir.

Le coup de la girafe de Camille Bouchard (Soulières éditeur)

Camille Bouchard explique sur la quatrième de couverture qu’il est plus à l’aise dans les romans d’aventures que dans les drames du quotidien. Mais Jacob, son personnage principal, est venu à lui et il n’a pu résister au désir de nous raconter son histoire. On se réjouit que l’auteur s’aventure dans d’autres styles, étant donné la qualité de son texte et le talent avec lequel il évoque une réalité parfois difficile.

Jacob, surnommé «pascom» car il n’est pas comme les autres, a 15 ans, mais dans sa tête c’est comme s’il n’en avait que 6, lui a expliqué le docteur. L’école est pour lui le lieu de persécutions quotidiennes et il n’a pas, malgré sa grande taille, les outils pour se battre. Chez lui, le travail de «masseuse» de sa mère monoparentale ne lui offre pas plus de sécurité.

Heureusement, la belle Chloé va faire irruption dans sa vie. La thématique de la différence et des obstacles au bonheur est abordée avec un grand réalisme et beaucoup de tact. Une histoire émouvante sur les «pascom» qui touchera tous les lecteurs car que nous le sachions ou non, nous avons tous une once de différence en nous.

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