Le cri de Léa – Mingan mon village – Ze vais te manzer

Publié le : 9 novembre 2015
6-mingan-manzer

Tania pose les questions suivantes : Mais à quoi peut bien servir la lecture? À rendre plus intelligent? À découvrir le monde? Et si tout d’abord, c’était un lieu de partage. L’écriture est une manière de s’exprimer, de prendre la parole en quelque sorte, même si ce n’est pas toujours facile et c’est pour célébrer ce pouvoir que voici cette sélection.

Le cri de Léa de Jean-François Sénéchal (Leméac Jeunesse)

Lorsque trois destins se rencontrent pour mieux hurler leur détresse, cela donne la chair de poule et c’est exactement ce que l’on ressent à la lecture de ce mémorable roman. Léa crie la perte de son amour. Du haut de ses 14 ans, la fin de cette histoire la rend à la fois mutique et hurlante. Pierre, itinérant au passé trouble, construit des monstres, des robots faits de détritus, et au comble de sa création, il leur donne le cri. Tout le monde est d’ailleurs prêt à enregistrer des cris pour ses créatures. Ces messages bruyants allant de « Je n’en peux plus! Pourquoi tout ça ? J’en ai assez » à « Je t’aime maman! Je t’aime! ». Quant à William, jeune réfugié étranger, les monstres vont devenir sa cause. Il voudra sauver ces oeuvres d’art de la destruction et donner à Léa la force d’aller de l’avant. Un récit poignant sur la prise de parole dans notre société. Dès 13 ans.

Mingan mon village – Poèmes d’écolier Innus de Rogé (Éditions de la Bagnole)

Voici le résultat d’une merveilleuse rencontre sur l’île de Mingan entre un illustrateur passionné et des écoliers ayant la poésie dans l’âme. Ce grand format nous offre des portraits magnifiques de ces jeunes ainsi qu’une sélection de leur prose. Deux poètes, Laure Morali et Rita Mestokosho, sont allés travailler avec ces enfants et le résultat est tout simplement sublime.

Joséphine Bacon a également fait la préface de l’album et la traduction de certains des poèmes. Une oeuvre collective qui offre le meilleur à chacun, une place pour s’exprimer à des jeunes qui en ont rarement et une invitation au voyage pour les lecteurs de tous âges. C’est sans aucun doute un incontournable des albums québécois de cette année dont voici quelques extraits pour les curieux:

« Quand les corbeaux seront blancs. J’arrêterai de t’aimer » Kimberley

« Écoute ton coeur Ça parle de nos grands-pères Et de nos grands-mères» Sabrina

Ze vais te manzer de Jean-Marc Derouen et Laure du Fay (Frimousse)

Dur dur d’être un grand méchant loup quand on a des problèmes de prononciation. Notre loup zozotte. C’est un comble! C’est même carrément honteux. Plus moyen d’effrayer les lapins ni de les manger goulûment. Ces petits filous aux longues oreilles prétendent ne rien comprendre aux menaces pourtant claires de notre loup qui hurle : « Ze vais te manzer! »

Un poil sur la langue à faire arracher ou un problème d’estime, les lapins proposent d’aider le loup avec beaucoup d’imagination mais ce ne sont là que des entourloupettes pour s’enfuir. Furieux, le loup mord dans le premier derrière poilu qu’il rencontre, un gros ours en l’occurrence et cela lui coûtera toutes ses dents. Pas grave! Notre loup, bon joueur, veut maintenant devenir « véchétarien! ». Un album hilarant à lire en groupe, dont tout le monde appréciera le graphisme et les couleurs sobres et esthétiques.

Chronique précédente | Chronique suivante