Le loup des sables – Ma sœur vit sur la cheminée – L’attrape-fantôme

Publié le : 15 juillet 2015
4-renard-soeur

Le libraire parfait lit les livres au fur et à mesure de leur parution, voir même, quand il en a le privilège, en avance. Il peut donc guider le lecteur avide sur les toutes dernières sorties avec pertinence. Ah, comme j’aimerais être une libraire parfaite, malheureusement (ou pas) je suis souvent en retard dans mes lectures, ce qui me donne l’occasion aujourd’hui de vous parler de livres « coups de cœur » parus il y a deux, trois ou quatre mois. Un comble !? Je n’en suis pas si sûre, car il n’est jamais trop tard pour vous parler de bons livres.

Le loup des sables d’Asa Lind et Violaine Leroy aux illustrations (Bayard)

Curieux roman que celui-ci, lumineux mélange entre Le petit prince de Saint-Exupéry et Les fables de La Fontaine, qui nous invite sur une plage au bord de la mer à la rencontre de Zackarina. Cette jeune fille pétillante et pleine d’énergie a parfois du mal à vivre en parfaite harmonie avec ses parents, toujours occupés ou pressés. Lors d’une crise, elle part rageusement sur la plage et elle découvre un loup, mais pas n’importe lequel, un loup des sables immortel qui se nourrit des rayons du soleil et de la lune, qui a voyagé par delà la planète et qui connaît bien des secrets. Chaque chapitre traite avec humour et simplicité d’un sujet vital comme le plaisir d’avoir des poches, l’art de faire des châteaux de sable parfaits, la chance d’avoir son propre langage, le besoin de gambader et de faire des pirouettes ou encore l’opportunité de rencontrer des comètes. À la fois loufoque et profond, ce texte très accessible transmet la plus belle philosophie qu’il soit : grandir est une succesion de petits pas dans le sable en bonne compagnie. Une suite est disponible sous le titre Le loup des sables, encore lui !

Ma sœur vit sur la cheminée d’Annabel Pitcher (Pocket jeunesse)

La sœur de Jamie vit sur la cheminée, ou plutôt ce qu’il reste de sa sœur, est exposé dans une urne sur la cheminée. L’urne reçoit une part de gâteau à chaque anniversaire, une chaussette avec des présents à Noël, un verre de lait pour le goûter. Morte dans un attentat terroriste, ses parents ne se sont pas remis du drame qui a d’ailleurs conduit à leur séparation. Le père est resté auprès de ses deux autres enfants et de l’urne mais son abattement et son incapacité à faire son deuil font de lui un homme invisible. Jamie et Jasmine luttent de leur mieux pour poursuivre leur route, grandir, se faire accepter dans l’univers qui est le leur malgré une mère absente et un père alcoolique et raciste. Cette histoire est bouleversante à bien des niveaux car elle parle aussi bien de deuil, de haine, d’amitié, de pardon, d’amour, de racisme et d’espoir.

L’attrape-fantôme d’Alex Cousseau (Rouergue)

Antonin est en week-end, mais dès le vendredi soir, il s’attaque à ses devoirs. Il est comme ça lui, il aime bien faire! Il doit pondre un poème pour lundi et il faut bien avouer que le concept l’interpelle et le rend perplexe. Mais qu’est-ce que la poésie? Des rimes? Des sentiments? Des mots qui se rencontrent par accident? Quand sa mère rentre, choquée d’avoir renversé et tué un chevreuil, il commence à entrevoir un sujet pour son écrit.

Alex Cousseau, père du célèbre Charles (le dragon), nous revient avec sa passion pour les mots et leur poésie avec une simplicité admirable. On découvre que les fantômes existent et que même la mort d’un chevreuil se décline de manière poétique.

« Ce midi je mange du chevreuil
Préparé avec amour
Et du riz et des légumes
C’est le goût de la forêt
Le goût de l’écorce des arbres et de la terre humide…»

Chronique précédente | Chronique suivante