La fourmilière – Demi-frère – Quand l’amour court

Publié le : 9 novembre 2015
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La fourmilière de Jenny Valentine (L’école des loisirs)

Sam est parti de chez lui à 17 ans, souhaitant par sa fugue aller dans un lieu où personne ne le connaît lui et ses fautes. Il découvre Londres et sa fascinante capacité à faire de vous un anonyme perdu dans la masse. Le lieu idéal pour recommencer à zéro!

Mais l’immeuble miteux où il va trouver refuge va lui apporter bien plus qu’il n’imaginait. Chaque porte cache un ou des individus plus ou moins abîmés par la vie mais encore capable d’une profonde solidarité. Ce lieu pourtant mal-famé devient son chez lui et ses habitants, sa deuxième famille.

La narration à deux voix partagée entre Sam et Bohémia, la cadette et mascotte de l’immeuble, offre l’avantage de nous faire suivre l’histoire de multiples points vues. Un récit fort émouvant qui n’est pas sans nous évoquer Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda.

Demi-frère de Kenneth Opel (Québec-Amérique)

Ben va devoir accepter un demi-frère très spécial car son père, scientifique universitaire étudiant le langage, décide d’adopter un chimpanzé. Alors que dans un premier temps Ben souffre de jalousie et repousse Zan, il va par la suite se prendre d’affection pour ce nouveau membre de la famille.

Tout l’entourage de Zan collabore pour lui enseigner le langage des signes mais malgré toute la bonne volonté animale, il est décidé que l’expérience doit prendre fin faute de résultat. C’est alors que l’on découvre tout l’héroïsme dont peut faire preuve Ben qui va tout tenter pour protéger son demi-frère.

Cette expérience se déroule dans les années 70 et met en lumière la situation des tests sur les animaux et la dépendance vicieuse qui lie science et subventions. On pousse les recherches dans un domaine que si on obtient les fonds pour. Sans lancer de polémique à proprement parler, cette histoire démontre la nécessité de faire des expériences de ce type pour faire avancer la science mais également les horreurs que cela peut engendrer. Une histoire de famille pas comme les autres qui se lit avec délectation comme une véritable aventure.

Quand l’amour court de Thierry Lenain et Barroux (Les 400 coups)

Un coup de maître que ce sublime album sur l’amour et ses longueurs. Paola, notre jeune narratrice, retrace les grandes lignes de l’histoire d’amour de ses parents qui s’est éteint trop tôt à son goût. Ce sujet délicat est traité avec beaucoup d’humanisme entrelaçant au cours du récit les périodes de séduction, de dispute, de tristesse ou de grosses colères sans aucun manichéisme.

Les magnifiques couleurs de l’illustrateur suivent les humeurs de Paola et les dessins d’une parfaite simplicité apportent une grande fraîcheur. Bouleversant de sincérité, je ne peux que vous laisser sur un extrait : «Dimanche soir, j’ai vérifié que j’avais bien tout mis dans mon sac. […] Ça ne fait pas un sac très lourd. Mais parfois, il pèse des tonnes. Comme un petit sac qu’on prend pour une balade, tout léger au début, mais vraiment plus à la longue. Et puis parfois aussi, ça m’énerve de le voir quand je le laisse traîner dans le couloir chez maman ou papa, comme si j’étais de passage, juste de passage.»

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